L’homme habillé tout en vert

Aujourd´hui, j’ai vu un homme habillé tout en vert. Il avait l’air d’une grenouille, ou plutôt d’un crapaud. Il était joufflu donc, un crapaud me semble plus adéquat.

Il marchait en trainant une valise couleur lilas. Mais qui aurait une idée aussi saugrenue que d’avoir une valise couleur lilas ? Un crapaud peut-être. Je ne sais pas.

Elle ne paraissait pas lourde cette valise, et pourtant il la trainait. Elle sursautait sur chaque pavé cette valise, marquant le pas comme les colporteurs d’antan .

L’homme habillé tout en vert a monté la rue et s’est arrêté juste au coin, vous savez là où Madame Petit tient son établissement.

Il s’est assis sur sa valise couleur lilas et, de la poche intérieure de son veston, a sorti un petit papier tout blanc.

Son veston était aussi vert que son pantalon.

Il a déplié le papier qui a pris de la taille et qui s’est déployé en un énorme accordéon.

L’homme habillé tout en vert s’est alors mis à jouer. Et de son accordéon blanc est sortie une musique rose. Oui rose! Rose comme une ombrelle de printemps.

Là au coin de la rue, juste où Madame Petit tient son établissement.

De ma fenêtre, je l’ai écouté très attentivement.

Ne me dites pas que je suis la seule à l’avoir entendu, cet homme habillé tout en vert qui jouait la musique du printemps !

Kenza.

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Inspiration: C’est le printemps au Mexique et les Jacaranda commencent à fleurir avec leurs fleurs, oui vous avez devinez, couleur lilas. 

Le cœur est une vaste maison

Le cœur est une vaste maison avec de larges fenêtres qui restent grandes ouvertes en toutes saisons.

Les êtres qui croisent notre temps y viennent et s’y reposent au milieu de vieilles choses à l’ombre du vent.

Et ceux qui nous ont aimés portent une traîne ondulante et frêle comme un pétale de cerisier.

En entrant, ils posent sur nos têtes une couronne d’amour, une couronne si légère qu’avec délice, elle devient lumière et illumine cette vaste maison aux vastes fenêtres.

Kenza.

Un poème que j’ai écrit il y a quelques années et que j’ai eu envie de publier aujourd’hui, comme ode à l’amitié sincère.

Let us not fret about the world

“We live no more than one hundred years” wrote Sikong Tu at the start of a poem more than one thousand years ago.

We live but a speck in timelessness.

So, why not let our hair turn white and the soft breeze rustle through our clothes?

Why not let the moss cover the stone?

Let us not fret about the world, shall we?

Kenza.

Inspiration: Sikong Tu (China, 837-908), Tang Dynasty poet, known for his poems and for writing the Chinese poetry manual “The twenty-four styles of poetry.”

Just as the sun

 

Just as the sun starts to light up the sky, flocks of birds fly over the house.

White snow egrets with gold reflected on their wings, ducks in almost perfect formations and swallows moving in waves.

Closer to me, a few hummingbirds buzz around the lavender; while, despite the coolness of the air, bees start their morning collection around the same flowers.

These are the sights I am privileged to, and every dawn I give thanks for the beauty.

This morning, from way way up, a white egret pooped. As simple as that, and it landed a few centimeters from my foot.

I took it as a blessing both for its ordinary nature and … for having missed me.

I smiled and the smile remained with me for the entire day.

Who would have thought? Life brings us joy in so many forms!

Kenza.