Ce chemin est un jardin

Tous les jours nous suivons les traces des millions de pèlerins qui nous ont précédés. En fait, personne ne sait où ce chemin mène.

Alors je préfère penser que ce chemin est un jardin – un jardin de fleurs multicolores avec un ciel tout bombé comme une tasse turquoise d’Ispahan retournée.

Un jardin où les enfants jouent insouciants du temps, sautant dans les flaques après la pluie et cueillant les abricots avant qu’ils ne tombent. Nous sommes tous ces enfants et pourtant…

Il y a tant d’obstacles imaginaires, tant de douleurs qui ne devraient pas être, et des regrets aussi. Nous avons inventé un monde si compliqué que nous ne sentons plus les fleurs du jardin.

Vous avez remarquez ? Le possessif nous guète à chaque pas. Impossible de nos jours de laisser une fleur tranquille. « Je dois la cueillir ! Elle est à moi ! »

Ah ! Si vous saviez ! Laissez la fleur où elle est, et votre cœur sera en paix ! Elle aussi va mourir tout comme vous et moi. En attendant, laissez la tranquille.

Kenza.