White cosmos flower

Falling asleep, I close my eyes tightly wishing to wake up as a white cosmos flower.

Like the one I saw today, I will be most delicate and sway with laughter in a field of white and pink. I will turn towards the deep blue sky of autumn, and laugh some more as the sun warms me.

The cold wind will blow and I will flutter while it scatters my petals. I will then die knowing that after the winter months, I will come back as a delicate white cosmos flower swaying and laughing in the wind in an immense field under the deep blue sky.

Kenza.

Inspired by the change of season and simple natural beauty.

When I smell the fragrance of the blossoms

When I smell the fragrance of the blossoms,
millions of years rush inside of me –
speeding planets,
flashes of blinding lights,
galaxies forming in twirls of dust,
and
a drop of water as atoms collide.

Time eternal
and gentle
emerging through seeds and flowers.

Fragrance –
the rush of life
exhaling from its depth,
beauty unabashed,
because it can.

When I smell the fragrance of the blossoms,
I am one with the very essence of life
because I can –
because it is.

Kenza.

Gentle Spring rain

春雨

Gentle Spring rain
petals scattering
which one am I hearing?

Small birds chirping
too young to fly.
The cat observes them
from the window.
I like to think he just wants to play.

Soft breeze,
the clouds shape-shift
and the rain leaves.

New fragrances arrive
as old as the earth.

I sit
and write nothing.
How comforting.

Kenza.


Note: There some 50 different ways to name “rain” (雨 – ame) in Japanese. And just for Spring, one can use “Spring rain” (春霖 – shun rin) or “gentle Spring rain” (春雨 – shun u). I was inspired by the latter for this poem.

Ce chemin est un jardin

Tous les jours nous suivons les traces des millions de pèlerins qui nous ont précédés. En fait, personne ne sait où ce chemin mène.

Alors je préfère penser que ce chemin est un jardin – un jardin de fleurs multicolores avec un ciel tout bombé comme une tasse turquoise d’Ispahan retournée.

Un jardin où les enfants jouent insouciants du temps, sautant dans les flaques après la pluie et cueillant les abricots avant qu’ils ne tombent. Nous sommes tous ces enfants et pourtant…

Il y a tant d’obstacles imaginaires, tant de douleurs qui ne devraient pas être, et des regrets aussi. Nous avons inventé un monde si compliqué que nous ne sentons plus les fleurs du jardin.

Vous avez remarquez ? Le possessif nous guète à chaque pas. Impossible de nos jours de laisser une fleur tranquille. « Je dois la cueillir ! Elle est à moi ! »

Ah ! Si vous saviez ! Laissez la fleur où elle est, et votre cœur sera en paix ! Elle aussi va mourir tout comme vous et moi. En attendant, laissez la tranquille.

Kenza.

L’homme habillé tout en vert

modigliani_otokonoshouzou-web

Aujourd´hui, premier jour de février, j’ai vu un homme habillé tout en vert. Il avait l’air d’une grenouille, ou plutôt d’un crapaud. Il était joufflu donc, un crapaud me semble plus adéquat.

Il marchait en trainant une valise couleur lilas. Mais qui aurait une idée aussi saugrenue que d’avoir une valise couleur lilas ? Un crapaud peut-être. Je ne sais pas.

Elle ne paraissait pas lourde cette valise, et pourtant il la trainait. Elle sursautait sur chaque pavé cette valise, marquant le pas comme les colporteurs d’antan .

L’homme habillé tout en vert a monté la rue et s’est arrêté juste au coin, vous savez là où Madame Petit tient son établissement.

Il s’est assis sur sa valise couleur lilas et, de la poche intérieure de son veston, a sorti un petit papier tout blanc.

Son veston était aussi vert que son pantalon.

Il a déplié le papier qui a pris de la taille et qui s’est déployé en un énorme accordéon.

L’homme habillé tout en vert s’est alors mis à jouer. Et de son accordéon blanc est sortie une musique rose. Oui rose! Rose comme une ombrelle de printemps.

Là au coin de la rue, juste où Madame Petit tient son établissement.

De ma fenêtre, je l’ai écouté très attentivement.

Ne me dites pas que je suis la seule à l’avoir entendu, cet homme habillé tout en vert qui jouait la musique du printemps !

Art: “Portrait d’homme” de Amadeo Modigliani, 1919 – via Hiroshima Museum.