Gare de Lyon

Gare de Lyon, Paris (Français, English)

Sous le regard automatique de la grande horloge,
les gens se retrouvent et se séparent.
Elle qui a tant vu, ne sais plus lire les visages.
Pourtant, je l’ai vu hésiter une fraction de seconde
lorsque j’ai serré mon fils dans mes bras.

Under the automatique gaze of the big clock,
people meet and part.
The clock has seen so much, it can no longer read faces.
And yet, I saw it hesitate for a fraction of a second
when I held my son in my arms.

Kenza.

Éventail

De nulle part, le vent arrive doux le matin.

Il me réveille.

Je ne sais pas quelle est la saison.

Le vent souffle avec rêverie

et le rideau ondule.

Je me perds entre chacun de ses plis.

Les feuilles de l’arbre incliné bruissent.

Le contour des ombres a des teintes roses.

Ce doit être le printemps.

Alors je m’assoie au bord du matelas

et seule,

je regarde mes orteils s’ouvrir en éventail.

Kenza.

Le livre du destin

Le livre du destin est écrit avec de l’encre de jasmin. Nos pensées et nos actions s’évaporent ainsi en un parfum envoutant.

Le livre du destin est celui qui trace imperceptiblement les lignes de l’âge sur nos visages et qui aime peindre de la neige sur nos cheveux.

Il est fait de lumière et d’ombre et ses pages s’envolent comme les pétales de cerisiers. Ces mêmes pétales qui laissent leur place à des cœurs tout rouges que nous accrochons à nos oreilles lorsque nous dansons sous la pluie d’été.

Vous ne trouverez pas ce livre dans la bibliothèque de votre quartier, ni même chez le libraire. Il est enfoui au creux de nos mains, entre les lignes du cœur et celui de la vie. Là, il ramasse nos dires et les égraine un par un comme des perles de prières.

Kenza.


J’ai écrit ce texte il y a un an, et je l’ai lu à une amie le dernier jour de sa vie. Ce fut mon geste d’adieu.