Maurice Zundel – face à la faute

“[Face à la faute, la notre ou celle des autres] inutile de rester en soi et d’obliger les autres, en les confondant et en les humiliant, à se retrancher dans leur amour-propre. Il n’y a qu’une seule chose à faire : ouvrir l’espace, laisser entrer la lumière, ouvrir les volets de son âme pour que le soleil de Dieu y entre et retrouve avec bonheur cet amour qui n’a jamais cessé d’être en nous et de nous attendre. C’est là l’humilité.”

Maurice Zundel, théologien suisse (1897-1975) -Extrait de “Silence, parole de vie.”

Le cœur est une vaste maison

Le cœur est une vaste maison avec de larges fenêtres qui restent grandes ouvertes en toutes saisons.

Les êtres qui croisent notre temps y viennent et s’y reposent au milieu de vieilles choses à l’ombre du vent.

Et ceux qui nous ont aimés portent une traîne ondulante et frêle comme un pétale de cerisier.

En entrant, ils posent sur nos têtes une couronne d’amour, une couronne si légère qu’avec délice, elle devient lumière et illumine cette vaste maison aux vastes fenêtres.

Kenza.

Un poème que j’ai écrit il y a quelques années et que j’ai eu envie de publier aujourd’hui, comme ode à l’amitié sincère.

Christian Bobin “La nuit du cœur”

Avec anticipation, je me suis installée confortablement et au son des Variations Goldberg de Bach, j’ai ouvert le livre en retenant ma respiration. Je l’ai lu en entier mais je ne retiens que peu d’images.

Christian Bobin a toujours réussi à m’ouvrir le cœur avec ses écrits simples qui parlent de beauté au fond des jardins et dans les paroles des Saints. Mais avec son tout dernier livre  « La nuit du coeur », j’avoue n’avoir pas compris grand chose. Les mots s’entremêlent, il faut revenir trois phrases en arrière pour identifier le sujet d’un verbe (et je ne suis pas certaine d’avoir réussi), les images parlent leur langage et n’ont pu communiquer avec moi malgré tous mes efforts.

Et pourtant, Bobin raconte son expérience depuis une chambre d’hotel qui donne sur une abbatiale du XIème siècle, et comme j’ai passé une semaine dans une Abbaye Cistercienne du XIIème siècle, également entourer de vielles pierres et de silence, je me suis dit que j’allais comprendre. Ce ne fut pas le cas.

Je vais donc laisser les quelques belles et simples images que j’ai pu saisir me bercer, et je relirais ce livre un peu plus tard; ou peut-être relirais-je un autre de ses livres comme « La grande vie » ou « Le trés-bas » pour ne pas rester sur mon impression.

J’aurais tellement aimé écrire autre chose.

Et vous, l’avez-vous lu?

Kenza.

La nuit du cœur” par Christian Bobin, Gallimard 2018.

La vieille dame de la petite épicerie

Courbée comme une équerre, celle qui ne rentrait pas dans la trousse de l’école primaire.
Je l’aide à mettre son panier rose sur le comptoir de la caisse.
Un choux, quelques tomates, un bouquet de coriandre fraîche et un litre de lait.
Elle me sourit d’un sourire de violette qui se fane en gardant sa couleur.
Elle part et laisse derrière elle une senteur de linge séché au soleil.

Kenza.

Rimbaud – « Si les temps revenaient »

« Si les temps revenaient, les temps qui sont venus!
– Car l’Homme a fini, l’Homme a joué tous les rôles!
Au grand jour, fatigué de briser des idoles,
Il ressuscitera, libre de tous ses Dieux,
Et, comme il est du ciel, il scrutera les cieux!
L’idéal, la pensée invincible, éternelle,
Tout le dieu qui vit, sous son argile charnelle,
Montera, montera, brûlera sous son front!
Et quand tu le verras sonder tout l’horizon,
Contempteur des vieux jougs, libre de toute crainte,
Tu viendras lui donner la rédemption sainte!
Splendide, radieuse, au sein des grandes mers
Tu surgiras, jetant sur le vaste Univers
L’Amour infini dans un infini sourire!
Le Monde vibrera comme une immense lyre
Dans le frémissement d’un immense baiser !

-Le Monde a soif d’amour : tu viendras l’apaiser. »

Arthur Rimbaud (1854-1891)